mardi 25 juillet 2017

My mad fat diary



Synopsis 
1996. StamfordLincolnshireMy mad fat diary suit l’histoire de Rae, 16 ans et 105 kg, qui vient de quitter un hôpital psychiatrique où elle a passé quatre mois. Elle reprend contact avec sa meilleure amie, Chloe, qui n’est pas au courant de sa santé mentale, croyant qu’elle était en France pendant quatre mois. Rae essaye de ne rien lui dire tout en essayant d’impressionner ses amis, Izzy, Archie, Chop et Finn.

Mon ressenti
J'ai dévoré l'intégralité de la série en à peine 3 ou 4 jours. J'ai fini le dernier épisode de la dernière saison il y a plus ou moins deux heures, mais j'ai l'impression de toujours y être. C'est ce genre de pépite qui me fait dire que je ne suis pas née au bon endroit ni au bon moment. (Et qui me rappelle qu'il existe encore des choses intéressantes à regarder). Je me suis tellement retrouvée dans le personnage de Rae. Pas forcément besoin d'avoir fait un séjour en hôpital psychiatrique pour comprendre ce que ça fait d'être mal dans sa peau, de se haïr si fort qu'on a besoin que la douleur soit visible, concrète. Et malgré tout ça, elle veut s'amuser, avoir une vie d'ado normale, sortir avec ses potes, avoir un petit ami à aimer et avec qui enfin s'envoyer en l'air. C'est tellement éloigné des séries pour ado classiques qui te servent une morale à la con à chaque fin d'épisode, qui te montrent un univers qui n'existe pas, peuplé d'individus parfaits dont les problèmes se résolvent comme par magie, en un claquement de doigts. 
Bref, My mad fat diary, c'est la vraie vie dépeinte par une ado obèse, mal dans sa peau, qui arrive pourtant à surmonter certaines craintes bien ancrées en elle mais qui devra avancer en en gardant d'autres dont elle ne parviendra pas à se débarrasser. 
J'ai 25 ans et, le temps de ces quelques épisodes, j'ai retrouvé pas mal de sensations de quand j'étais ado. Une bouffée d'air frais, de nostalgie aussi. C'était rafraîchissant, drôle, émouvant. Une série à voir de toute urgence pour ceux qui ne l'ont pas encore regardée.

Un énorme coup de cœur

samedi 22 juillet 2017

Pluie

Cinq ans que je n'ai plus écrit vraiment. La douleur de s'y remettre semble plus vive que celle d'avoir laissé les mots de coté. C'est d'une maladresse immonde, à faire peur, mais il faut bien recommencer, vaincre les craintes envahissantes qui finissent par coller à la peau. C'est donc un premier jet qu'il faut que je poste pour me donner le courage de m'y remettre pour de bon.
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__ 20h57 sur l’écran du Smartphone. Seule. Chaleur étouffante. Allongée sur l’herbe sèche. L’atmosphère commence à s’alourdir. L’odeur d’un orage qui s’approche. Premier coup. Second. Flashs. Et la pluie se met à tomber en grosses gouttes fraiches. Les nuages se vident comme des seaux qui débordent. Le déluge s'abat sur mon corps en surchauffe. Peau moite, fiévreuse, si chaude que de fines volutes de vapeur s'en échappent au contact de l'eau.  Le parc est sur pause. Pas âme qui vive. Comme une photo. Mes cheveux plaqués sur le front, la bouche grande ouverte vers le ciel bleu-gris pour avaler toute sa fraicheur. 22h13. Trempée jusqu’aux os. Je me lève, le corps engourdi, les fringues gorgées de pluie. Devant la porte de la maison, le chat attend, miaule à la mort en me voyant arriver, il n’en peut plus de l’humidité.
__ Au milieu du salon, les parents sont trop occupés à rire pour me demander où j’étais. Une large flaque à mes pieds, je ressemble à une serpillère, me dit-on en me tendant une serviette. Mon cœur bat vite, et mes os qui s’entrechoquent discrètement font naitre l’euphorie dans le fond de mon estomac.
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mercredi 19 juillet 2017

Un retour (?)

 

Il faudrait que j'arrête d'avoir peur, que je cesse de me mettre des bâtons dans les roues en m'imposant des projets trop grands, des buts inatteignables. J'ai besoin de me retrouver dans l'écriture, le dessin, la peinture. Besoin d'y aller à un rythme raisonnable, comme avant, quand j'y prenais un plaisir tel que l'angoisse de la page blanche n'existait pas. Il y avait simplement des jours avec des mots écrits et d'autres sans. C'était normal.  J'ai besoin de retrouver cette espèce de candeur légèrement sur le déclin qui a bercé la seconde partie de mon adolescence, qui m'a construite. Elle est encore là, quelque part, bien cachée mais toujours prête à me rejoindre. 
Je compte me remettre doucement dans le bain ici en postant ce qui me fait du bien. Des éclats de textes, des coups de crayons et de pinceaux. Sans crainte ou attente d'être lue et jugée, simplement un endroit où extérioriser, un coin sombre au fond d'un placard où m'isoler et me sentir libre.

mardi 4 juillet 2017

Films d'animation japonais

Image faite par mes soins (dessins y compris)


Grâce à l'article Marathon de films d'animation japonais de Kika, j'ai décidé de me lancer un petit défi pour cet été. Etant tombée dans la marmite du Studio Ghibli étant petite avec l'excellent Le voyage de Chihiro, c'est tout naturellement que je suis devenue une grande adepte de la poésie qu'on peut retrouver dans les films d'animation japonais en général. Au fil des ans, j'ai regardé un long-métrage par-ci par-là. Mais il reste quelques titres qui me font très envie et pour lesquels je ne me suis pas encore lancée. Vous trouverez donc ci-dessous, une liste des films que j'ai déjà vus (et revus pour certains), et, encore en dessous, la liste des films qui me font très envie. Le studio Ghibli n'est pas le seul présent, bien sûr, mais on peut vite voir qu'il est le plus représenté. Je me donne donc les mois de juillet et aout pour voir tous les films cités. J'espère que je pourrai poster un article en septembre disant que le défi aura été relevé et pouvoir aller à la rencontre d'autre bijoux de l'animation japonaise qui ne figurent pas ici. Et vous, lesquels avez-vous vu? Lesquels vous tentent le plus? Des recommandations sur des films qui n'apparaissent pas?


Films vus

Colorful _ (Keiichi Hara)

Summer wars _ (Mamoru Hosoda)
Les enfants loups _ (Mamoru Hosoda)

Voyage vers Agartha _ (Comix Wave Films)
Le jardin des mots _ (Comix Wave Films)

Nausicaa de la vallée du vent _ (Ghibli)
Le tombeau des lucioles _ (Ghibli)
Mon voisin Totoro _ (Ghibli)
Kiki la petite sorcière _ (Ghibli)
Pompoko _ (Ghibli)
Princesse Mononoké _ (Ghibli)
Le voyage de Chihiro _ (Ghibli)
Le royaume des chats _ (Ghibli)
Ponyo sur la falaise _ (Ghibli)
Arietty : le petit monde des chapardeurs _ (Ghibli)
La colline aux coquelicots _ (Ghibli)
Le conte de la princesse Kaguya _ (Ghibli)



Films à voir

Miss Okusai _ (Keiichi Hara)

La traversée du temps _ (Mamoru Hosoda) [ Vu le 06/07 ]

Paprika _ (Satoshi Kon) [ Vu le 05/07 ]

Your name _ (Comix Wave Films) [ Vu le 10/07 ]
La tour au-delà des nuages _ (Comix Wave Films)
5 centimètres par secondes _ (Comix Wave Films) [ Vu le 05/07 ]
 
Le château dans le ciel _ (Ghibli)
Souvenirs goutte à goutte _ (Ghibli)
Porco Rosso _ (Ghibli)
Si tu tends l'oreille _ (Ghibli) [ Vu le 13/07 ]
Mes voisins les Yamada _ (Ghibli) [ Vu le 11/07 ]
Les contes de terremer _ (Ghibli)
Souvenirs de Marnie _ (Ghibli) [ Vu le 17/07 ]


Cet article est là pour partager et me donner la motivation de raccourcir la liste des films à voir. J'aimerais aussi, avec ce post, relancer un peu le blog qui avait été laissé à l'abandon à cause de grands changements survenus dans ma vie au fil de l'année qui vient de s'écouler.

jeudi 2 juin 2016

M Train


M Train de Patti SMITH
[ 259 p. - Gallimard - 2016 ]

Quatrième de couv'
...

Et à la lecture, ça donne..?

En commençant la lecture de ce livre, je me suis dit que j'aurais peut-être dû l'acheter en V.O.. J'avais l'impression de ne pas vraiment lire Patti Smith, sans doute parce que j'ai trop l'habitude de l'entendre chanter en anglais. Mais j'ai fini par me laisser porter par ses mots pour mon plus grand plaisir. En la lisant, j'ai eu l'impression de la suivre discrètement, sans la déranger, dans ses souvenirs, je buvais un café quand elle en buvait, je souriais lorsqu'elle semblait sereine. 
Pas d'intrigue dans ce livre, pas de scène d'action incroyables, pas de vie de rock star pleine de paillettes. Juste les souvenirs d'une femme simple. M Train est un voyage calme aux côtés de Patti Smith dans sa vie de tous les jours et dans sa nostalgie. Un bijou rempli de poésie. Beaucoup de références aux auteurs qu'elle aime, à la musique aussi, ce qui m'a permis de faire de jolies découvertes musicales. 
Je n'ai pas grand chose à dire sur ce livre, le seul moyen de s'en faire une idée, c'est de le lire. Je vous le conseille donc très chaudement.


Un petit extrait qui fait plaisir
Tel Gumby, j'entrais corps et âme dans un livre et me laissais parfois tellement emporter que j'avais l'impression de vivre à l'intérieur du livre. Il y en a tant que j'ai terminés de la même manière : dans un état d'extase, sans pour autant me souvenir du contenu une fois rentrée à la maison. Cela me perturbait, mais je me gardais bien de faire part à qui que ce soit de cette étrange affliction. Je regarde les couvertures de ces livres et leur contenu demeure un mystère que je ne peux me résoudre à élucider. Il y a certains livres que j'ai adorés et dans lesquels j'ai vécu, et pourtant je ne m'en souviens pas.

En trois mots
Poétique, nostalgique et touchant.

lundi 22 février 2016

Sévère


Sévère de Régis JAUFFRET
[ 160 p. - Seuil - 2010 ]

Quatrième de couv'
Je l'ai rencontré un soir de printemps. Je suis devenue sa maîtresse. Il m'a initiée au maniement des armes. Il m'a fait cadeau d'un revolver. Je l'ai abattu d'une balle entre les deux yeux.

Et à la lecture, ça donne..?
Sévère est le livre à l'origine du film "Une histoire d'amour" dans lequel on retrouve Benoit Poelvoorde et Laetitia Casta dans les deux rôles principaux. Film que je n'avais pas du tout apprécier. Mais nous ne sommes pas là pour parler de ça, concentrons-nous donc sur ce qui nous intéresse : le livre ! J'ai lu ce livre en une journée et il me laisse un petit arrière-goût amer. Sans doute parce que chacun des personnages du livre m'a exaspéré au plus haut point. La narratrice est détestable. Elle a beau nous raconter les horreurs vécues durant son enfance, je n'ai pas réussi un seul instant à lui trouver quelque chose de sympathique. Pareil pour son milliardaire d'amant. Insupportable de froideur, de cruauté. Lui aussi a eu une enfance difficile, et les séquelles sur son état mental sont nombreuses et importantes. Mais, encore une fois, rien n'a réussi à me le rendre sympathique, pas même ses pires moments de faiblesse durant lesquels il se blottissait, sanglotant, contre sa maîtresse.. Enfin, le mari, qui est très présent dans l'histoire d'une certaine manière. Un homme qui accepte que sa femme aille voir ailleurs et utilise son argent à lui pour faire des cadeaux à son amant, je ne peux pas comprendre et encore moins cautionner. Elle le fait dormir dans la chambre d'amis, refuse qu'il la touche de quelque manière que ce soit, le méprise ouvertement et il ne bronche pas. C'est le comportement d'un homme sans fierté, sans estime de lui-même. Tout le long du récit, je n'avais qu'un mot qui me venait en tête lorsqu'il apparaissait : loque.
Comme vous l'aurez compris, les personnages m'ont insupportée. Néanmoins, je dois bien avouer que cette lecture a réussi à me séduire par d'autres aspects. Ne serait-ce que par les mots crus mais bien dosés que l'auteur utilise. Les scènes décrites ne sont pas lourdes, il ne les fait pas durer des pages et des pages, il va droit au but et ça fonctionne. L'histoire m'a beaucoup intéressée et tout de même touchée à certains moments. J'aurais bien aimée qu'elle soit un peu plus approfondie et, d'un autre coté, je pense que ce format court était ce qui convenait le mieux. J'ai aussi trouvé le coté SM très réaliste et absolument pas édulcoré, ce qui pour moi est une grande qualité (parce que je n'en peux plus de voir partout ces romances estampillées BDSM qui ne connaissent de ces pratiques que le nom, et encore... hum, passons...). Les pratiques décrites peuvent choquer les lecteurs les plus sensibles, ça n'a pas été mon cas.
Sur ce, pour résumer ma pensée, j'ai beaucoup aimé la forme et le fond mais j'ai détesté les personnages. Mais j'admets tout à fait que si les personnages n'avaient pas été si détestables, l'histoire n'aurait sans doute pas été la même et n'aurait peut-être pas été aussi savoureuse.

Un petit extrait qui fait plaisir
Il s'est mis à rire. Je n'ai jamais aimé qu'on rie. L'humour m'est étranger. Je n'ai jamais rien compris aux blagues. J'ai su dès mon enfance que la vie était une histoire sérieuse. Vivre est une odyssée. On doit savoir quelles sont ses armes, et apprendre à connaître les failles dans l'armure des autres. Le charme est une stratégie. Quand on n'a pas vu le jour dans le camp des gagnants, attaquer l'ennemie de front entraînerait une inéluctable déroute.
En trois mots
Cru, dérangeant et intrigant.

mercredi 17 février 2016

Journal d'un vampire en pyjama


Journal d'un vampire en pyjama de Mathias MALZIEU
[ 240 p. - Albin Michel - 2016 ]

Quatrième de couv'
Me faire sauver la vie est l'aventure la plus extraordinaire que j'aie jamais vécue.

Et à la lecture, ça donne..?
Je ferme à peine le livre. Et j'ai la sensation que si je n'écris pas mon ressenti maintenant, je ne le ferai jamais. C'est un besoin urgent bien plus qu'une envie pressante. Pareil à ce que j'ai ressenti en le voyant trôner en librairie, puis en le lisant. Mathias Malzieu nous offre, dans ce journal de bord, ses pensées les plus tristes comme les plus optimistes. Il nous décrit son combat contre une maladie qui lui tombe dessus sans crier gare, une claque dans la gueule dont la douleur persiste de longs mois. Comme toujours, ses lignes sont pleines de poésie, de douceur et de sourires qui s'esquissent. Ses métaphores sont superbes et ses jeux de mots impressionnants d'ingéniosité. 
Pourtant allergique à tout ce qui touche au milieu hospitalier et aux maladies, j'ai dévoré ce livre, en ai apprécié et savouré chaque mot du premier au dernier. Contrairement à ce que je craignais, je ne me suis pas sentie comme une voyeuse, je n'ai pas eu l'impression de m'introduire de force dans la vie de quelqu'un. Grâce à la poésie qui plane, mais grâce aussi à une certaine pudeur dans ses mots qui nous empêche de vouloir en savoir plus que ce qu'il nous dit. On est heureux de tenir une tranche de sa vie entre nos mains, heureux de savoir, avant de l'avoir lu, que ça se termine bien. Je ne dirai rien de Dame Oclès. Je vous laisse écouter sa chanson et lire le livre pour la découvrir. 
J'ajouterai pour terminer, qu'on oublie vite la chance qu'on a d'aller bien, de pouvoir attraper un rhume ou la grippe sans s'inquiéter plus que ça. Personne n'est à l'abri de rien et les mots de Mathias Malzieu sont autant de piqures de rappel.

Un petit extrait qui fait plaisir
Tous les jours, Rosy traverse la ville et vient me sourire du bout des yeux. Avec son masque, sa charlotte et sa blouse de chirurgien, on dirait une pâtisserie sous vide qu'on me fait passer sous le nez sans même que je puisse humer son parfum de fleur d'oranger. Je me demande quand je pourrai la toucher, ne serait-ce que l'effleurer. Je ne sais même plus ce que ça fait, le contact de sa peau. Elle rigole quand je lui dis que je ressemble à un hamster. "Tu es très beau", dit-elle. Je sais bien que non, mais c'est bon quand même.
Quand les batteries de l'espoir se vident, elle se transforme en chargeur et remet mon coeur en route. La machine à pétiller de l'esprit s'ébroue par petits spasmes avant de retomber dans le sommeil lorsqu'elle disparait dans le sas.

En trois mots
Touchant, poétique et humain.

Petit bonus musical